Phobie : ne laissez plus la peur vous gâcher la vie
Agoraphobie, arachnophobie, aérophobie, claustrophobie… Derrière ces mots se cachent de bien grandes frayeurs. Si la peur est une émotion qui nous protège des dangers réels, la phobie est, elle, une peur irrationnelle et paralysante. Elle pousse ceux qui en souffrent à déployer des stratégies d’évitement qui peuvent limiter les loisirs, les déplacements, les relations et la qualité de vie, parfois même au quotidien. Ce trouble touche 1 personne sur 10 en France, mais heureusement, il existe aujourd’hui des solutions efficaces pour retrouver liberté et sérénité. Tout savoir sur la phobie et comment faire pour la vaincre.
Portrait robot de la phobie
La peur résulte d’un processus d’analyse de notre environnement par l’amygdale cérébrale. Cette glande, située à la base du cerveau, déclenche des réactions physiologiques et comportementales dès lors qu’elle perçoit une situation potentiellement dangereuse. Cet instinct de survie, dont nous disposons tous, entraîne alors la fuite ou la défense.
C’est ce même phénomène qui s’active chez une personne qui souffre de phobie, même si l’objet de sa peur ne compromet pas sa vie.
La phobie se distingue par son caractère excessif et incontrôlable. Ce trouble d’anxiété intense impacte la vie personnelle, mais également les sphères familiale, professionnelle et sociale. Elle peut même, dans certains cas, être considérée comme une pathologie à part entière !
Il en existe 3 types : les phobies simples, l’agoraphobie et la phobie sociale.
La phobie simple est l’appréhension d’un objet, d’un animal ou d’une situation. Certaines sont très répandues, d’autres plus marginales, mais près de 6 000 sont référencées !
L’agoraphobie est la peur des lieux publics : files d’attente, transports en commun, centres commerciaux… Certains agoraphobes ne peuvent pas sortir de chez eux sans la présence d’un tiers de confiance, par crainte d’une attaque de panique.
La phobie sociale est une forme parfois grave et très invalidante. La personne ressent une gêne ou une humiliation à l’idée d’être regardée ou jugée par les autres. S’adresser à un inconnu, manger devant des gens ou prendre la parole en public est une action impossible. C’est dans cette catégorie que l’on retrouve, par exemple, la phobie scolaire.
Ce type de phobie est une souffrance, voire une cause de dépression.
Les plus fréquentes
Il existe des milliers de phobies. Certaines peuvent sembler surprenantes, comme la peur des poupées (pédiophobie), celle de voir des forêts et des arbres (hylophobie) ou de se mettre au lit (clinophobie). D’autres peuvent sembler plus compréhensibles, comme la bélonéphobie (la peur des aiguilles et des piqûres), mais quoi qu’il en soit, toutes sont handicapantes à un moment ou à un autre.
Parmi les plus courantes on trouve :
- les araignées, les serpents, les souris,
- le sang, la peur de vomir ou de tomber malade,
- le vide, les orages,
- les lieux clos, la foule…
Outre ces phobies dites spécifiques, on en trouve d’autres, telles les phobies sociales, qui s’inscrivent dans des contextes particuliers, comme celle de faire une crise de panique ou un malaise dans un lieu donné.
Causes et symptômes
Lorsque la personne est confrontée à sa peur, la réaction est disproportionnée par rapport au danger réel.
Cela se manifeste par :
- une accélération du rythme cardiaque,
- des sueurs, des tremblements,
- une sensation d’étouffement, des vertiges,
- une fuite de la situation.
Pour éviter de rencontrer ce qui les terrifie, les phobiques mettent en place de vraies stratégies d’évitement.
Celles-ci peuvent les conduire à limiter leurs déplacements, à refuser des opportunités professionnelles ou à choisir un cadre de vie qui réduit les risques d’exposition.
Cette adaptation permanente est source de détresse psychologique et impacte souvent l’estime et la confiance en soi.
Pourquoi développe-t-on une phobie ?
Elle se révèle le plus souvent à l’adolescence ou au début de l’âge adulte et peut être la conséquence d’un traumatisme, comme la peur de conduire après un accident de voiture.
Elle peut être le fruit d’un apprentissage indirect : une maman effrayée par un animal ou une situation peut la transmettre par mimétisme à ses enfants.
Parfois, aucun événement précis n’est identifié, le cerveau associe une situation à un sentiment de danger sans plus d’explication…
La phobie n’est pas le signe d’un manque de volonté, mais un mécanisme émotionnel devenu un automatisme. Elle peut cependant être soulagée avec un accompagnement thérapeutique adapté. Consulter un praticien est nécessaire pour sortir de ce rouage et envisager un changement durable.
Le traitement de la phobie
La plasticité cérébrale offre une remarquable faculté de réorganisation. Les associations de peur peuvent être déconstruites, et ce, même si elles sont anciennes.
L’idée n’est pas de rendre la personne fan de ce qui l’effraie, mais de lui apporter une capacité de réaction émotionnelle appropriée, pondérée.
Ainsi, quelqu’un qui craint de prendre l’avion peut parvenir à voyager sereinement tandis que l’impossibilité de prendre la parole en public peut se muer en possibilité de parler avec confiance et aisance.
Il n’y a pas un traitement applicable à tous, mais une solution adaptée à chacun. Pour cela, il est important de choisir un thérapeute qui dispose de différents outils thérapeutiques comme l’hypnose, l’EMDR ou la programmation neuro-linguistique (PNL). Il s’agit, avec cette pluralité de choix, de s’adapter à la personnalité, au type et à l’intensité de la phobie.
Trouver ses ressources grâce à l’hypnose
L’hypnose thérapeutique permet naturellement de contourner les résistances de l’état conscient et d’aller chercher et activer les ressources intérieures dont chacun dispose.
Employée sur un large spectre de troubles, elle est particulièrement adaptée au traitement de la phobie.
En séance, le travail porte sur :
- les origines de la peur,
- les mécanismes de protection inadaptés,
- la création de nouvelles réponses émotionnelles,
- le renforcement du sentiment de confiance.
Elle apporte un changement en douceur, profond et durable.
L’EMDR pour lever les blocages émotionnels
Cette thérapie est associée à l’accompagnement du traumatisme, mais elle est également très efficace sur les troubles anxieux.
Elle repose sur des stimulations oculaires bilatérales alternées qui ont pour but la “digestion” des souvenirs perturbants.
Dans le cadre des phobies, l’EMDR est une alliée pour :
- identifier les événements à l’origine de la peur,
- diminuer l’intensité émotionnelle associée,
- modifier les croyances limitantes,
- développer un sentiment de sécurité intérieure.
La réduction de l’angoisse est rapidement significative.
La PNL face aux schémas de pensée limitants
Cette pratique se penche sur la perception de la réalité, propre à chacun de nous, qui régit la manière de vivre et de ressentir les choses. La phobie est une représentation mentale qui amplifie la notion de danger.
La PNL s’attelle à :
- modifier ce schéma,
- réduire l’impact émotionnel anxiogène,
- activer les ressources personnelles,
- développer de nouvelles réponses comportementales.
La personne est amenée à envisager différemment les situations qu’elle craignait auparavant.
Une désensibilisation en quelques séances
Comme chaque cas est unique, il n’y a pas de notion de durée pour le travail thérapeutique. Il dépend notamment :
- de l’ancienneté de la phobie et de son intensité,
- de son origine, traumatique ou non,
- des objectifs de la personne et de son implication.
Les phobies spécifiques cessent généralement en quelques séances, d’autres demandent un peu plus de temps, surtout lorsqu’elles sont liées à des expériences traumatiques complexes.
Il est à ce titre important d’évoluer dans un cadre sécurisant et bienveillant, respectueux du rythme de la personne phobique.
Vivre avec une phobie, c’est être prisonnier de sa peur. Pourtant, cela n’est pas une fatalité. Il convient d’en comprendre la cause et les réactions émotionnelles qui y sont associées afin de s’en débarrasser et de retrouver progressivement son calme et sa liberté d’action. Demander de l’aide est le premier pas vers une vie où les choix ne sont plus dictés par la peur et où demain s’envisage avec confiance et sérénité. Si votre phobie vous empêche de vivre, consultez !