Se libérer des séquelles du traumatisme psychologique

 

Le traumatisme est le terme médical qui qualifie une blessure corporelle grave, mais il s’applique également à une blessure psychologique et émotionnelle. Il est alors qualifié de psychotraumatisme. Les suites de ce dernier perdurent dans le temps et sont préjudiciables, entraînant une cohorte de maux, silencieux ou non. Ce n’est parfois qu’après plusieurs années que la victime arrive à mettre des mots sur sa souffrance. Or, cette étape est une libération ! Récent ou ancien et quelle qu’en soit l’origine, il est possible de surmonter un traumatisme afin de retrouver une vie apaisée. 

Les rouages du traumatisme psychologique 

 

Un traumatisme est le résultat d’une exposition à un événement brutal, comme c’est le cas lorsque l’on éprouve une peur intense, lorsque l’intégrité physique est en jeu ou lors d’une annonce bouleversante. C’est un fait qui marque un tournant dans la vie de la victime. 

Le choc émotionnel déclenche aussitôt un ensemble de réactions physiologiques pilotées par le cerveau : décharge d’adrénaline, accélération du rythme cardiaque, sueur, pâleur, sidération, attitude défensive…

Ces manifestations physiques disparaissent plus ou moins rapidement, mais le bouleversement lié au choc, appelé stress post-traumatique, peut perdurer pendant des mois, voire des années. Cela se traduit par des flash-back, des troubles du sommeil, un défaut de concentration ou des émotions violentes telle une peur panique…

 

L’état de stress extrême provoqué par un traumatisme majeur peut même faire disjoncter la réponse cérébrale et émotionnelle et induire une amnésie traumatique

Ce mécanisme de défense instinctif est une protection de la psychée. Il s’active lorsque la survie est en jeu ou quand la victime est confrontée à un événement ingérable. 

Tout se joue dans les lobes temporaux du cerveau. L’hippocampe, qui gère la fonction mémorielle et conditionne en temps normal les réactions d’une personne, est mis en mode off par l’amygdale cérébrale. Ce petit noyau situé vers l’hippocampe est le centre des réactions primitives. En cas de menace physique ou psychologique, elle déconnecte la partie réfléchie du cortex : l’information liée au choc n’est pas traitée, le traumatisme reste non conscientisé. 

La dissociation évite que la production massive d’hormones provoque un arrêt cardiaque ou une atteinte neurologique. 

L’amnésie, totale ou partielle, peut durer des décennies. Elle engendre une perte de repères et porte atteinte à la santé mentale et physique

Cette anesthésie émotionnelle est assez typique des traumatismes de l’enfance. Les enfants victimes de sévices sexuels, d’inceste ou de maltraitance dans le cadre familial sont particulièrement concernés. 

Les blessures traumatiques, quelle que soit leur intensité, ont des répercussions pour la victime, mais aussi, bien souvent, pour son entourage. Elles empêchent un retour à une vie normale. 

Les principales sources de stress post-traumatique 

 

Chaque personne perçoit les événements selon son vécu, sa sensibilité, son état émotionnel. Le ressenti, l’impact traumatique, varie donc d’une personnalité à une autre. 

Un traumatisme peut être individuel ou collectif, lié à une catastrophe naturelle ou à une intervention humaine, intentionnelle ou non. 

On distingue deux grandes familles de traumatismes : 

  • les événements soudains qui présentent un caractère inattendu comme un accident de la route, un accident domestique, un tremblement de terre, un attentat, un viol, une agression… 
  • les événements cumulatifs, chroniques, qui se répètent dans la durée : les violences conjugales, les abus sexuels, le harcèlement qu’il soit professionnel, familial ou scolaire, ou bien encore la guerre… 

Un choc traumatique peut toucher le témoin d’une scène violente ou survenir après un deuil, un divorce, une perte d’emploi, l’annonce d’une maladie grave

Les séquelles sont diverses et impactent la qualité de vie personnelle, familiale et sociale de la victime.  

Les symptômes de la détresse psychologique 

 

L’impact psychologique d’un traumatisme est indéniable, mais s’exprime différemment selon les personnes, les conditions et le délai de prise en charge…

Un collectif de victimes bénéficie souvent d’un soutien immédiat tandis qu’une victime d’amnésie traumatique subit des dommages sur le long terme… 

La symptomatologie se situe dans le registre de l’anxiété, de la tristesse, de la peur ou touche des notions de valeurs intimes comme l’estime de soi, la confiance en soi.

Les troubles les plus courants sont : 

  • dépression, crise de panique
  • peurs, phobies
  • sentiment d’insécurité permanent, hypervigilance, 
  • insomnie, cauchemars
  • troubles alimentaires ou compulsifs
  • sautes d’humeur, irritabilité
  • dépendances
  • troubles de l’attention, de la concentration, 
  • perte d’amour-propre, culpabilité
  • douleurs chroniques

Le cerveau crée un schéma cognitif et corporel. Il suffit d’une odeur, d’une musique ou de tout autre souvenir associé aux mêmes circonstances pour aviver la charge émotionnelle. Si les émotions sont vives, il peut même mettre en place de manière plus ou moins consciente une stratégie d’évitement pour éviter les situations stressantes. 

Dans le cas d’une amnésie traumatique, les sensations de mal-être sont plus diffuses. Les souvenirs reviennent le plus souvent par bribes et la personne ne comprend pas ce qui lui arrive. 

Un dysfonctionnement soudain ou un trouble récurrent ne doivent pas être ignorés. 

Encore faut-il s’accorder l’écoute nécessaire pour passer le cap ! 

Comment libérer la mémoire traumatique ?

 

S’il n’est pas possible d’effacer le souvenir d’un événement douloureux, il est en revanche possible de le désensibiliser. Ce soulagement signifie la disparition des maux somatiques associés.  

Cette désensibilisation doit être confiée à un professionnel, car celui-ci dispose des compétences nécessaires pour l’accompagner dans un cadre sécurisant. 

Plusieurs méthodes sont adaptées à la prise en charge du traumatisme. 

Il y a bien sûr la verbalisation. Parler de son traumatisme et faire face à sa peur permet d’apprendre petit à petit à se refaire confiance et à accueillir ses émotions

Toutefois, cela peut se révéler insuffisant, soit parce que certaines victimes répugnent à exprimer leur histoire soit parce que cette dernière est enfouie. 

Il y a aussi les thérapies brèves, parmi lesquelles l’EMDR-DSA, mise au point dans les années 80 pour les anciens combattants de la guerre du Vietnam. 

Cette méthode est un protocole strict qui associe des paroles sécurisantes à des mouvements oculaires identiques à ceux du sommeil paradoxal, phase de la mémorisation. 

Elle encourage l’intégration neuro-émotionnelle, c’est-à-dire qu’elle pousse la mémoire à enregistrer l’expérience traumatisante. Celle-ci devient un souvenir exempt de charge émotionnelle synonyme de souffrance. 

C’est la raison pour laquelle cette thérapie par le mouvement des yeux est principalement indiquée dans la gestion du stress post-traumatique.

En seulement quelques séances avec un psychopraticien, les résultats sont concrets. 

Le détachement, la capacité à surmonter un passé difficile, s’appelle la résilience. Elle est possible pour tous, les adultes comme les enfants, et ce, même si le traumatisme est ancien. 

La résilience est la clef du retour à l’équilibre intérieur. Prendre rendez-vous avec un praticien est le premier pas vers l’apaisement. Le chemin de la guérison, est celui du retour à soi et à une vie épanouie.