Stress chronique : l’identifier pour mieux le gérer
Pas de scoop : le stress chronique est un toxique ! Il s’installe insidieusement, affaiblit l’organisme jour après jour et peut avoir des conséquences graves et irréversibles en l’absence de prise en charge. Comment un mécanisme mis en place par Dame Nature pour nous protéger devient-il un poison ? Quels sont les signes à repérer pour réagir au plus vite ? Comment remonter la pente ou mieux encore, éviter de sombrer ? Je vous donne les clés pour savoir écouter les cris de votre corps et mettre à distance l’ennemi numéro 1 de la santé des Français.
Aigu ou chronique, l’ABC du stress
Nous le savons tous, rien n’a été laissé au hasard dans cette belle mécanique qu’est le corps humain. Ce que nous appelons stress est une réponse physiologique instinctive, une réaction à l’environnement inscrite dans nos gènes au titre de la survie. Sa fonction est de permettre à l’humain de réagir devant une situation inhabituelle ou potentiellement dangereuse.
Stimulé par diverses hormones dont le cortisol et l’adrénaline, le corps se prépare à fuir ou à combattre : le cœur bat plus vite, la tension artérielle augmente, le niveau de vigilance s’accroît, les muscles reçoivent un pic d’énergie, tandis que les fonctions non vitales sont, elles, ralenties… Nous sommes prêts à l’action, et ce, jusqu’à la fin de l’alerte.
Le stress dit “positif” cesse lorsque la situation perdure : l’organisme entre en phase de résistance et infuse littéralement dans un contexte anxiogène.
Selon la cause, l’accumulation et l’intensité de l’exposition, le stress est alors qualifié d’aigu ou de chronique et devient source d’altération de la santé.
Stress aigu versus stress chronique
Examen, arrivée d’un enfant, licenciement, séparation, conflits, nous sommes tous un jour ou l’autre exposé à un événement difficile ou déstabilisant.
Divers symptômes traduisent ce mal-être : difficulté à dormir, troubles alimentaires ou digestifs, nausées, suées, douleurs physiques comme le fameux mal au dos… Triste, agitée, agacée, la personne peut également être dans l’incapacité à se concentrer.
Cet état de stress aigu est néanmoins transitoire. Avec le temps, un entourage vigilant et s’il le faut une aide extérieure, les troubles psychologiques ou physiques s’estompent progressivement.
Le stress chronique, comme son nom l’indique, est caractérisé par une exposition répétée à la source du malaise. Il peut s’agir d’une charge mentale trop importante à la maison ou au travail, des conflits dans l’entourage familial ou avec des collègues, un manque de reconnaissance ou une perte de sens, un deuil impossible à faire, une tendance au perfectionnisme, un souvenir traumatique…
Les hormones inondent continuellement l’organisme qui répond, puise dans ses réserves, lutte et s’épuise.
Manifestations et effets de cette souffrance
Métabolisme perturbé, immunité en berne, système cardiovasculaire qui vacille, troubles musculosquelettiques, santé mentale, l’impact du déséquilibre psychique et physique est majeur, parfois, irréversible.
Pourtant, alors qu’il résiste et tente de maintenir l’effort de suradaptation, le corps parle. De nombreux signaux doivent être entendus pour éviter l’épuisement ou le burn-out, terme généralement employé pour qualifier l’épuisement professionnel.
Ces alertes sont émotionnelles, physiques ou intellectuelles :
- hypersensibilité, pleurs, sentiment d’insécurité,
- irritabilité, nervosité, crises d’angoisse, tristesse, dépression,
- pensées négatives ou envahissantes,
- tensions musculaires, douleurs articulaires, maux de tête,
- manque de sommeil, fatigue,
- perte d’appétit ou boulimie, brûlures d’estomac, diarrhées,
- sentiment d’oppression, palpitations cardiaques,
- tremblements, transpiration excessive,
- isolement social, repli sur soi, refus de sortir ou de coopérer,
- oubli, impossibilité à prendre une décision, défaut d’attention ou de concentration…
Ces symptômes sont fréquemment associés et peuvent subitement prendre de l’ampleur.
Par ailleurs, ils justifient souvent, pour la personne qui en souffre, le recours à des excitants, des tranquillisants ou à des produits stupéfiants.
Ces comportements anormaux doivent amener à une consultation auprès d’un professionnel avant une évolution vers des pathologies graves.
Chasser le stress : des méthodes simples mais infaillibles
Nous ne sommes pas égaux face à ce fléau, car chacun a sa propre perception des choses, mais il faut savoir qu’un bon équilibre intérieur est un rempart suffisant pour ne pas se laisser submerger par le stress. Celui-ci repose sur différents facteurs que sont l’état d’esprit, l’hygiène de vie et l’appréciation de son environnement.
Un mental solide repose des fondamentaux comme l’estime et la confiance en soi, la capacité à s’accepter, à gérer ses émotions et à faire respecter ses limites. Cela permet de mieux appréhender les pressions extérieures et les réactions telles que la colère ou la peur.
Prendre soin de soi implique de veiller à la qualité de son sommeil et de son alimentation et de prendre le temps de faire des activités physiques et/ou manuelles.
S’accorder des moments de plaisir est loin d’être futile ! Se reconnecter à soi et donner à l’esprit l’opportunité de s’évader temporairement loin des tracas est une véritable soupape.
La gestion du stress s’appuie sur la capacité à lâcher-prise et à relativiser les choses.
Si l’exercice est difficile, de nombreuses méthodes ont fait leurs preuves, parmi lesquelles la sophrologie, basée sur une combinaison d’exercices de respiration, relâchement musculaire et visualisation positive. Eh oui ! Respirer et souffler apporte une détente et un bien-être immédiat. D’ailleurs, qui n’a jamais pris de grandes inspirations ou poussé un profond soupir pour garder son sang-froid ? Quelques séances avec un sophrologue sont suffisantes pour ramener le calme et acquérir les techniques à reproduire chez soi ou au travail en toute autonomie.
Toutefois, si le mal-être est important ou déjà installé, il convient de demander de l’aide.
Un psychopraticien peut vous accompagner de différentes manières. L’écoute est bien évidemment le socle de son accompagnement, mais il peut apaiser rapidement le degré de stress avec des outils thérapeutiques comme l’EMDR ou la cohérence cardiaque, ou bien encore les Fleurs de Bach.
Le stress touche 9 Français sur 10, mais il n’est ni une fatalité, ni un témoin de performance. Nul besoin d’en faire toujours plus, de s’infliger des corvées et de supporter des pressions jusqu’aux limites de vos forces. En prendre conscience est le premier pas sur le chemin de la résilience, le second est de prendre rendez-vous pour en parler si besoin. Sachez par ailleurs qu’il y a de plus en plus de secouristes spécialisés en santé mentale, tant dans les entreprises qu’en extérieur. Sollicitez-les ! Faites le bon choix, votre sérénité est bien plus précieuse que tout le reste.